La sensibilité écologique des Normands
La pollution
Introduction
Fonte des glaciers et de la banquise, réchauffement des océans, disparitions d'espèces, déforestation, catastrophes naturelles plus fréquentes et plus intenses, déréglement climatique, montée du niveau des océans en prévision, aridification, épuisement des ressources naturelles, destruction progressive de la couche d'ozone: le bilan actuel laisse présager un avenir incertain pour l'ensemble de la vie sur Terre. De nombreux films, comme par exemple « La Terre Vue Du Ciel » de Renaud Delourme ou encore « La Marche De l'Empereur » de Luc Jacquet, mettent en avant la beauté et la fragilité de la Nature. D'autres, tels que « Une Vérité Qui dérange » de David Guggenheim, mettent l'accent sur la sensibilisation quant aux impacts néfastes de nos attitudes et des conséquences de notre industrie sur l'environnement. Tout cela montre l'interêt croissant que développe les individus et les sociétés à préserver ce qui est souvent désigné comme un héritage, tant dans le sens de legs de nos ancêtres que bien à transmettre à notre descendance. Il est aujourd'hui avéré que la planète est en danger, seule une transformation profonde de nos habitudes pourra nous permettre de continuer à vivre dans des conditions, certes dégradées, mais acceptables.
La question de l'environnement et de sa protection est donc devenue, depuis quelques années, source de préoccupations, notament en matière de politique et de comportement personnel. Nous savons dorénavant que le responsable de cette crise est l'Homme, notamment par le biais des différentes pollutions qu'il émet, il est donc le seul en mesure de contrebalancer, ou du moins d'atténuer, le declin de notre capital environnemental. Il s'agit, à l'heure actuelle, de limiter autant que faire se peut l'émission de déchets, de matériaux ou de gaz polluants. Si aucune solution ne peut être apportée sans l'aide des gouvernements, il appartient néanmoins à chaque individu d'agir à son échelle. Comment, sur un territoire délimité comme la Normandie, cette menace du vingt-et-unième siècle se traduit-elle dans les consciences et les comportements?
Méthodologie de l'enquête
I - Recherches bibliographiques
Peu d'ouvrages sociologiques ont été réalisés en terme d'environnement et de polltuion. C'est pourquoi les références bibliographiques peuvent être maigres et souvent du registre de l'analyse des risques et non pas de la représentation de l'opinion publique en matière de risque environnemental.
La notion de developpement durable est très à la mode pour parler d'environnement, cependant, elle est très controversée, rien que sa prononciation peut engager un vif débat. L'environnement est l'un des éléments importants de la problématique du développement durable, même s'il y en a d'autres. L'un des enjeux majeurs est celui du changement climatique qui "pose la question de notre mode développement, de notre consommation énergétique et des politiques qui doivents y être associées. [...] Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres problèmes environnementaux à considérer: l'eau est un autre sujet de préoccupation, les déchets, la qualité de l'air, etc." La preservation de l'environnement dans son ensemble n'apparaît pas primordiale dans les esprit. Sylvie Brunel nous souligne que "l'environnement commence à devenir une préoccupation des pays développés, d'autant que la croissance démographique des pauvres les alarme". Pour elle, "la nature est d'abord le fruit d'une construction sociale, le produit des choix effectués par les sociétés". Selon la Banque Mondiale, "au rythme actuel, une hausse des émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 50% est prévue d'ici 2030. Pour éviter que cela ne se produise, les politiques du monde entier devront promouvoir une croissnce propre". Reste à savoir quel avis ont les individus à ce sujet.
Kenneth E. Goodpaster parle de "considérabilité morale" pour définir le fait que "la dernière décennie a vu une augmentation significative du nombre de ceux qui se préoccupent de l'environnement. Cette nouvelle conscience se manifeste elle-même de multiples manières. Un autre auteur se prononce en matière d'ethique environnemental, Arne Naess. Pour lui, les écologistes de la lutte contre la pollution et l'épuisement des ressources ont trouvés des collaborateurs mais parfois au détriment de la position même qu'ils défendent. En fait, leur attention est focalisée sur la pollution et l'épuisement des ressources plutôt que sur les modalités d'implantation d'un projet dont le but est de réduire la pollution mais qui créé de nouveaux maux. L'auteur nous donne une exemple: "lorsque le prix de la vie augmente de façon significative au motif de l'installation oûteuse de dispositifs anti-pollution, les différences de classes ne cessent de se creuser. Eric Katz, quant à lui, s'est intérressé au "grand mensonge" de ce qu'il appelle la "restauration de la nature par les hommes". Il défend l'idée que l'homme est arrogant de croire qu'il est capable de prouesses technologiques pour réparer les dégats sur l'environnement. Pourtant l'idée selon laquelle l'humanité peut remettre à neuf l'environnement naturel a commencé à jouer un rôle important dans les décisions de politique environnementale. Il dit: "on nous exhorte à planter des arbre pour contrebalancer l'effet de serre".
D'un point de vue plus rationnel, il faut définir ce qu'est la pollution. Il s'agit d'une "dégradation d'un ou plusieurs éléments ou aspects de l'environnement par des déchets biologiques, chimiques ou industriels nocifs, par des résidus de produits fabriqués par l'homme et par une mauvaise gestion des ressources naturelles et environnementales". La pollution, comme perturbation d'un milieu sain, peut être microbienne, physique (déchets, sons, radioactivité,...) chimique ou encore génétique. "S'ouvrent aujourd'hui des perspéctives à la fois térrifiantes et excitantes venues des capacités technologiques de l'Homme dans la transformation de la nature et de lui-même. La relation de l'Homme à l'envirronement en est bouleversée et les risques liés à l'environnement présentent de réelles particularités, qu'il s'agisse de leur nature ou de leur gestion. [...]Le risque environnemental confronte nos sociétés aux conséquences du progrès technologique. Non seulement elles ont les plus grandes difficultés à admettre une remise en cause de la notion de progrès mais encore les entreprises, comme la classe politique, dans sa grande majorité, s'opposent à toute remise en cause pour des raisons économiques évidentes".
II - Choix de la technique
Pour cette enquête, nous avions à effectuer un travail de terrain de type sondage auprès de cinq cent personnes, le thème de celle-ci étant « la sensibilité écologique des Normands ». Le but était de savoir si le sujet est présent dans l'opinion des gens et non pas de rendre compte des réalités de l'écologie en France. Le questionnaire global est divisé en plusieurs parties représentant différents aspects de la sensibilité écologique, chacune étant traitée par un groupe de travail. Pour notre part, nous nous sommes interéssés à la pollution en Normandie. La méthode à utiliser était imposée; il s'agissait de soumettre à un échantillon défini, tout d'abord, en nombre (cinq cent personnes), et ensuite, par critères (âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle et résidence) un questionnaire. Chacun des groupes devait en réaliser une page, et une seule, portant sur son thème, le nombre de questions étant ainsi restreint. Afin de faciliter le traitement des résultats, il nous fut conseillé de limiter au maximum nos questions à des questions fermées.
Pour cerner notre sujet, nous avons effectué deux entretiens préliminaires (un par membre du groupe), semi-directifs avec prise de notes. Par l'intermédiaire de questions ouvertes telles que « Qu'évoque pour vous la pollution? » ; « Pensez-vous en être un acteur? » ; « Comment vous situez-vous par rapport à ce problème? », nous avons été guidés vers la formulation des premières hypothèses. L'enquête par entretien peut être utilisée à différentes phases du processus de recherche et pour des usages divers notamment pour explorer et préparer une enquête par questionnaire. On parle d'entretien à usage exploratoire. « Les entretiens exploratoires ont pour fonction de compléter les pistes de travail suggérées par les lectures préalables et de mettre en lumière les aspects du phénomènes auxquels le chercheur ne peut penser spontanément ». L'entretien est un outil utile de la phase préliminaire dans la mesure où il permet un « processus de vérification continu et de reformulation d'hypothèses ». Ce type d'entretien nous permet donc de remettre en question notre raisonnement et d'aider à la formulation des hypothèses de départ.
III - Raisonnement hypothétique
Avec comme thème « la pollution », nous avons cherché à savoir si ce sujet était présent dans l'opinion des Normands. Un certain nombre d'interrogations sont venues se greffer à notre recherche:
- Quels types de pollution existent?
- Quels sentiments peut-on avoir par rapport à la pollution?
- La pollution est-elle ressentie?
- Les individus ont-ils conscience d'y participer?
- Que pensent-ils des initiatives pour lutter contre la pollution?
- Ont-ils l'impression de subir la pollution des autres?
- Quel type de pollution est la plus crainte?
Une fois ces questions posées, la problématique centrale était définie: « Dans quelle mesure la pollution préoccupe-t-elle les Normands? ». En partant de cet angle de vue nous avons établi des hypothèses que l'on souhaitait vérifier. Celles-ci sont les suivantes:
- Les Normands se sentent concernés par les problèmes de pollution.
- Ils se sentents concernés et partagent l'impression d'y être confrontés.
- Selon eux, les responsables de la pollution sont les autres.
- Les Normands ont conscience de polluer.
- La confrontation et l'implication dépendent du cadre de vie: il existe différents points de vue entre les ruraux et les urbains.
- Les jeunes se sentent plus concernés par les gestes à faire pour lutter contre la pollution.
- Les responsables de la pollution n'apparaissent pas les mêmes suivant la profession et le niveau d'étude.
- Les personnes à faible revenu et les ruraux pensent polluer moins que les autres.
- Les femmes ont un engagement plus marqué dans la préservation de l'environnement.
- Les plus de soixante ans pensent que la pollution est suffisamment abordée par les politiques.
Ces hypothèses ont permis de définir le cadre et d'établir un certain nombre de variables à mettre en corrélation dans notre questionnaire. Sept variables indépendantes ont été posées par le groupe de Travaux Dirigés:
- le sexe
- l'âge
- le lieu de résidence (ville et nombre d'habitants)
- le niveau d'étude
- l'activité professionnelle
- le montant des revenus mensuels du ménage
- la possession d'un véhicule à moteur
Nous avons voulu nous intéresser à un certain nombre de variables dépendantes pour chercher à vérifier nos hypothèses. Globalement, il en ressort les variables choisies suivantes:
- la représentation individuelle de la pollution
- la confrontation à la pollution
- la participation à la pollution
- les responsables de la pollution
- le contenu des programmes politiques par rapport à la lutte contre la pollution
- le comportement de chacun face à la pollution.
IV - Elaboration du questionnaire
Une fois toutes les remises en question effectuées sur le sujet, les hypothèses posées, la problématique cadrée et les variables définies, il nous fallait élaborer le questionnaire afin de poursuivre notre enquête. Nous nous y sommes attelés en essayant d'être les plus complets possible. Le questionnaire se composait de deux parties et de quatorze questions. Cependant, pour beaucoup d'entre elles, les questions engageaient une prise de position donc posaient le fameux problème de la défense de façade généralement observée dans les enquêtes sociologiques. D'autres n'étaient pas claires ou mal tournées. Le premier jet a dû être réduit et retravaillé selon les conseils de M. Ravelet (chargé du TD). Après remaniement, le questionnaire devient plus clair, concis et neutre. Il contient alors sept questions portant sur les variables définies (cf: I.,2.). Il s'agit d'une nouvelle étape dans le travail d'enquête: l'élaboration du questionnaire définitif.
1) Selon vous, quelle pollution représente la plus grande menace?
□ pollution de l'air
□ marées noires
□ pollution de l'eau
□ déchets
□ pollution des sols
2) Avez-vous l'impression d'être confronté à la pollution au quotidien?
□ oui
□ non
3) Pensez-vous participer à la pollution?
□ oui
□ non
4) A quelle pollution pensez-vous participer le plus?
□ pollution de l'air
□ pollution des sols
□ pollution de l'eau
□ déchets ménagers
5) Selon vous, qui sont les plus grand pollueurs?
□ les industriels
□ la population
□ les agriculteurs
□ l'Etat
6) Pensez-vous que les programmes politiques accordent assez d'importance à la lutte contre la pollution?
□ peu
□ moyennement
□ énormément
7) Que pensez-vous de votre comportement vis à vis de l'environnement?
□ Au maximum de vos possibilités
□ Vous pourriez faire plus
□ Ce n'est pas une de vos priorités
Tri à Plat & Tri Croisé
Originellement, l'enquête devait porter sur un effectif de 500 personnes, cependant, après la passation des questionnaires, 371 avis seulement ont été recueillis. Pour selectionner notre échantillon, nous avons procédé suivant la méthode des quotas. Les critères que nous avons retenus étaient les suivants: le sexe, l'âge, le lieu de résidence (rural ou urbain) et la catégorie socio-professionnelle. Chaque enquêteur devait faire passer trente questionnaires en respectant, à son échelle, ces quotas afin que les données statistiques, une fois tous les questionnaires réunis, soient représentatives de la société dans sa globalité.
On constate que dans beaucoup d'enquête par sondage les échantillons sont de plus en plus biaisés. Les sondeurs éprouvent désormais de grandes difficultés à constituer des échantillons représentatifs car les refus de répondre aux questionnaires sont de plus en plus fréquents. « Les raisons sont complexes, et les hypothèses multiples: individualisme croissant conduisant à garder son opinion pour soi? Exaspération face aux méthodes du télémarketing? Manque de temps et de disponibilité? Peur à la fois d'être manipulé et de ne pas être entendu et compris? ». Sauf qu'additionnés aux erreurs possibles de méthode, ces refus peuvent conduire à la construction d'échantillon en décalage par rapport à la composition sociologique réelle de la société. Il nous reste maintant à vérifier dans quelle mesure nos quotas ont été respectés.
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| File Size: | 421 kb |
| File Type: | odt |
Retrouvez l'intégralité des tris plats et des tris croisés (tableaux
des effectifs, graphiques, tableaux de Khi-2 et interprétation
du Khi-2) sur le fichier en téléchargement ci-contre.
Synthèse
Lorsque l'on compare les pourcentages obtenu et attendu en ce qui concerne les quotas pour notre échantillonnage, on s'aperçoit qu'ils ont été respectés de manière générale. Seuls les quotas en matière d'âge et de catégories socioprofessionnelles peuvent partiellement être remis en cause. Cependant, même si les quotas sont quasiment fidèles à nos attentes, la pertinence de l'échantillon peut être mise en doute du fait du non respect du nombre d'individus sondés. En effet, notre enquête a porté sur un effectif réduit de 25% environ par rapport à l'effectif prévu originellement.
Le tri à plat nous permet de confirmer certaines de nos hypothèses élaborées durant la phase préparatoire de l'enquête. Ainsi, nous avions émis l'idée que les Normands se sentaient concernés par les problèmes de pollution. Nous pouvons considérer que cela est vérifié étant donné qu'il y a eu très peu de non-réponses sur l'ensemble des questions posées (14 non-réponses en moyenne par question). Notre seconde hypothèse, portant sur la confrontation à la pollution, est largement vérifiée puisque plus de 80% des interrogés partagent l'impression de devoir y faire face au quotidien. Comme nous le supposions, les sondés ne se désignent pas comme étant les premiers responsables de la pollution. En effet, les industriels arrivent en tête avec plus de 50% des voix. Toutefois, cette hypothèse n'est que partiellement vérifiée puisqu'un tiers de l'échantillon estime que la population est le principal acteur en matière de pollution. Enfin, on peut affirmer que les Normands sont conscients de participer eux-même à la dégradation des conditions environnementales puisqu'un peu moins de 85% estiment polluer.
En matière de tri croisé, on note que la variable « lieu de résidence » est la plus propice à nous offrir des résultats pertinents. En effet, il n'y a que grâce à cette variable que les calculs de Khi 2 ne dépassent pas le seuil acceptable de probabilité d'erreur (5%). Effectivement, l'implication et la confrontation dépendent du cadre de vie. Les urbains se sentent plus largement confrontés à la pollution (83% contre 74% pour les habitants de milieu rural), redoutant principalement la pollution de l'air. De plus, les citadins ont d'avantage conscience d'être pollueurs que les ruraux (86%), notamment en matière de production de déchets ménagers. A l'inverse, et comme nous l'avions pressenti, les ruraux se reconnaissent acteurs de la pollution dans une moindre mesure (seulement 77%). Les déchets ménagers n'apparaissent pas comme étant leur participation première, ils citent le plus souvent la pollution de l'eau. Ils se sentent moins confrontés et la menace de pollution de l'air est la forme la moins crainte par ceux-ci.
Certains calculs de Khi 2 ont une probabilité d'erreur légèrement supérieure au seuil conventionnellement admis qui permet de montrer l'existence d'un véritable lien. Néanmoins, la faible différence entre la probabilité obtenue et ce seuil nous autorise à envisager que les liens dégagés pourraient être vérifiés à plus grande échelle. Ainsi, un lien entre l'âge et le comportement pourrait être mis en évidence. De même, un lien entre l'âge et l'avis sur la place de la lutte contre la pollution dans le discours politique pourrait être établi. Les jeunes (moins de 40 ans) considéreraient généralement que cette place est insuffisante contrairement aux individus plus âgés pour qui cette place serait jugée comme moyenne. Enfin, le sexe semblerait avoir une incidence sur l'attitude face à la question de l'environnement puisque les hommes avoueraient plus aisément qu'il ne s'agit pas d'une priorité et, comme nous le pensions dans nos hypothèses les femmes auraient un engagement plus marqué dans la préservation de l'environnement.
Certaines de nos hypothèses ne peuvent malheureusement pas être vérifiées puisque les calculs des tris croisés correspondants ne permettent pas de montrer un lien entre les variables choisies. Par conséquent, on ne peut pas admettre que l'opinion concernant les principaux responsables de la pollution puisse être influencée par la profession ou le niveau d'étude. De la même manière, aucun lien ne peut être prouvé entre la représentation individuelle de la plus grande menace et le sexe, la catégorie socioprofessionnelle ou le niveau d'étude. L'opinion quant à la place de la lutte contre la pollution en politique ne peut pas non plus être corrélée au sexe ou à la catégorie socioprofessionnelle.
Notre effectif réduit peut être considéré comme une des causes du nombre restreint de conclusions certifiées que nous pouvons tirer de notre enquête. Il nous est permis de penser qu'avec un échantillon au poids démographique plus important, certaines tendances, qui restent ici hypothétiques à cause d'une trop grande probabilité d'erreur, auraient pu être vérifiées. Néanmoins, nous pensons avoir réussi à cerner dans ses grandes lignes la dualité qui existe entre les comportements des ruraux et des urbains quant à l'opinion concernant les risques environnementaux.
Conclusion
Ce travail de terrain de type sondage avait pour but de cerner l'opinion des Normands quant à leur sensibilité écologique. Nous sommes parvenus à dégager quatres idées principales. Tout d'abord, les habitants qui ont accepté de répondre se sentent concernés par les risques environnementaux dans leur région. En outre, les individus partagent le sentiment de vivre avec la pollution, c'est à dire d'y être confrontés quotidiennement. Pourtant, et comme dans bien des situations problématiques, ceux-ci ont tendance à désigner comme responsable un autre groupe d'acteurs sociaux. Cela peut traduire une « non-remise en cause » de leur propre comportement et un processus de déculpabilisation, invoquant souvent leur faible capacité d'action. Néanmoins, les Normands ont conscience de participer à la dégradation des conditions environnementales mais minimisent l'impact de leurs agissements qui leur apparaissent moins condamnables que ceux des industriels. Finalement, il faut noter un fossé entre les milieux ruraux et urbains. Effectivement, selon le cadre de vie, la menace de pollution n'est pas la même; les urbains se sentent d'avantage confrontés à celle-ci et leur principale préoccupation concerne la pollution de l'air.
Il serait intéressant, pour parfaire et approfondir notre enquête, de recouper nos résultats avec certaines autres études, menées en parallèle dans le même groupe de travail. Nous pensons en particulier aux enquêtes concernant le nucléaire, l'EPR, le pétrole ou encore les habitudes écologiques. De plus, il serait judicieux de refaire une enquête similaire dans quelques années afin de voir si l'urgence croissante et le battage médiatique qui entourent la question de l'environnement auront permis de changer considérablement les comportements.
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Mis à part le travail de recherche documentaire ou de conception et de passation de questionnaire, cette enquête a été un bon travail méthodologique nous permettant d'approcher la réalité de ce qu'est une enquête de terrain, notamment par le nombre de questionnaires dont il a fallu retranscrire puis traiter les réponses. Auparavant, nous n'avions jamais effectué d'enquête sur une quantité de données aussi conséquentes et en utilisant des moyens techniques tels que les outils informatiques et la méthode du Khi 2. De nouveaux paramètres ont donc dû être pris en compte dans nos méthodes de travail ainsi que dans notre gestion du temps, cela permettant à notre bagage méthodologique en sciences sociales de s'étoffer peu à peu.
Bibliographie
Ouvrages:
- Dictionnaire des risques, dirigé par Yves DUPONT, Armand Colin, 2003
- Ethique de l'environnement, textes réunis par Hicham-Stéphane AFEISSA, Vrin, 2007
- L'entretien, « L'enquête et ses méthodes », Alain BLANCHET et Anne GOTMAN, Armand Colin, 2007 (2° édition)
- Le questionnaire, « L'enquête et ses méthodes », François de SINGLY, Armand Colin, 2005 (2° édition)
Articles:
- « Le développement durable est d'abord un problème », Franck-Dominique VIVIEN, Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, N°6, Mars-Avril-mai 2007, p.20-22
- « Comment rendre le développement durable? », Christophe RYMARSKI, Sciences Humaines, N°180, Mars 2007, p.44-45
- « Le développement durable », Sylvie BRUNEL, Sciences Humaines, N°179, Février 2007, p.8-13
- « Les sondages d'opinion: limites et controverses », Marc ENDEWELD, Sciences Humaines, N°182, Mai 2007, p.8-13
Sites internet:
- Ministère de l'Écologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire: www.developpement-durable.gouv.fr
- Agence de l'Environnement et de la Maïtrise de l'Energie: www.ademe.fr



